Martine Gasnier
"Découvrir Aldo Paolucci, c’est s’offrir la joie, au cœur de nos sombres forets légendaires, de faire un bout de chemin avec une latinité dont nous finirions par oublier que nous sommes les enfants.
Contempler l’œuvre de l’artiste, c’est accomplir un voyage initiatique au plus profond de notre humanité. Quand, sur le chevalet, la toile se livre, avec une indicible pudeur, on y voit, insecte sur la transparence d’un voile, linceul tendu, une croix symbole de tous les martyrs, ceux du corps et de l’amer confondus. La couler autour se fait lourde, dramatique, seulement éclairée, ça et là, par des signes qu’on dirait calligraphies et que la main du peintre a du tracer en dansant.
De cet émerveillement quasi oriental naissent des verts et des jaunes aux nuances infinies qui éclatent en un Printemps antique. On voudrait rester longtemps prés de ces oeuvres rédemptrices pour oublier le difficile métier de vivre auquel nous sommes soudain rappèles par la présence d’une toile, presque noire, maculée de traces sanguinolentes : scènes désormais quotidiennes de massacres quelque part au Moyen Orient ou peut-être en Amérique latine.
Car l’Homme sacrifié hante Paolucci, presque toujours la Croix est là, mais parfois aussi l’obsession devient empreintes, comme digitales, d’une répression évoquée par un fil barbelé qui fait de l’œuvre un univers irrémédiablement carcéral. Des noms nous reviennent en mémoire, et nous songeons alors que l’Art est plus convaincant que toutes les commémorations du monde.
Au mielleux de ce désespoir, apparaissent pourtant des gris voluptueux que la main voudrait caresser, des blancs devenus par le pouvoir de le artiste, couleurs à part entière, des bleus et des verts, évocateurs de l’Océan comme une invitation au voyage, et pour finir des toiles au le mouvement l’emport, dans un rêve baroque, avec comme un souvenir que l’on s’efforcerait d’entretenir pour qu’il ne meure pas, la Croix, moins douloureuse, presque affichée. C’est sur cette renaissance que la porte de l’atelier s’est refermée, et c’est par elle qu’il nous faut terminer pour retrouver le chemin d’un certain bonheur lié, lui aussi, à notre condition humaine."
Martine Gasnier, écrivain
Scoprire Aldo Paolucci, è come offrirsi la gioia, di fare un buon cammino con l’innocenza nel cuore, nelle nostre foreste scure e leggendarie, dove noi finiremmo per obliarci come fossimo dei bambini. Contemplare l’opera dell’artista, è compiere un viaggio iniziato nel più profondo della nostra umanità. Quando, sul cavalletto, la tela si svela, con un indicibile pudore, vi sì vede, come scritto su un velo trasparente, coltre tesa, una croce simbolo di tutti i martiri, che si confondono sia con il corpo sia con l’anima. La tinta si è fatta sporca, drammatica, soltanto illuminata, qua e là, dai segni che si direbbero calligrafie e che la mano del pittore le ha tracciate danzando. Di questo stupore quasi orientale nascono delle sfumature e giochi di colori infinite che ci riportano in un tempo antico. Si vorrebbe restare a lungo parte di quest’opera redentrice per dimenticare il difficile lavoro di vivere dal quale siamo improvvisamente rapiti davanti ad una tela , quasi nera, maculata di chiazze sanguinolenti : scene di vita quotidiana di massacro che va dal Medio Oriente all’ America latina. Poiché l’uomo sofferente abita nell’animo del Paolucci, quasi sempre la croce è presente, ma a volte anche l’ossessione diventa impressione, quasi tangibile, di una repressione evocata da un filo spinato che trasforma l’opera in un universo irrimediabilmente carcerario. Nomi ci ritornano in memoria, e pensiamo che l’arte è la più convincente di tutte le commemorazioni del mondo. In questa disperazione, appaiono tuttavia dei grigi volupteux che la mano vorrebbe carezzare, bianchi diventati tali dal potere dell’artista, oltre ai colori interi, dei blu e dei verdi, evocatori dell’oceano come un invito al viaggio. E per finire, tela il cui movimento emerge come in un ritorno barocco, con un ricordo sempre più vivo che intrattiene colui che rinasce, e questo fascino rende la croce quasi meno penosa. È su questa rinascita che la porta dello studio si è richiusa, ed è per lei che ci occorre impegnarci per trovare il cammino di una certa felicità legata, come lui, alla nostra condizione umana.